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Egalité hommes-femmes: Pourquoi la situation du Maroc inquiète

Qu’on se le dise, la place des femmes dans la lutte pour le développement ne pourra plus être un discours de façade et ne sera plus jamais une question secondaire. L’égalité hommes-femmes doit clairement être assimilée comme un élément majeur de la solution pour plus de prospérité, une composante déterminante de la croissance.A l’occasion de la rencontre annuelle du réseau parlementaire sur la Banque mondiale et le Fonds monétaire international(1), s’adressant à une audience de 250 parlementaires provenant de 66 pays, Christine Lagarde, présidente du FMI, et Kristalina Georgieva (présidente par intérim du Groupe Banque mondiale jusqu’à il y a deux jours), ont consacré 80% de leur intervention à l’absolue nécessité de légiférer pour œuvrer à la parité et à l’intégration des femmes dans les instances de gouvernance tant sur le plan politique qu’économique.Les pays où la participation et le leadership des femmes dans la société civile et les partis politiques sont plus nombreux, sont des pays plus inclusifs, plus réceptifs, moins exposés à la corruption, des pays plus égalitaires et démocratiques.A l’occasion de cette réunion annuelle, le groupe Banque mondiale a partagé les résultats de deux rapports «Women, Business and the Law 2019» (les femmes, l’entreprise et le droit), et «Gender, technology, and the future of work» (genre, technologie et l’avenir de l’emploi).Le premier rapport analyse 187 pays sur les dix dernières années, et la façon dont l’emploi des femmes et l’entrepreneuriat féminin sont affectés par une législation discriminante. Ces pays ont été analysés à travers 8 grands axes et plusieurs sous-critères.Le Maroc figure à la 115e place sur 187 pays. Cette place dans le classement qui n’a rien de rassurant interpelle fortement d’autant plus que sur les 8 critères analysés le Maroc en remplit près de 80%. Ce qui signifie que malgré les réformes menées sur le plan constitutionnel et législatif, l’intégration des femmes dans le développement, l’entrepreneuriat et l’emploi ne s’améliore pas. Pire, on  constate un fait saillant, l’employabilité des femmes régresse au Maroc.Ces mêmes constats ont été rappelés par le Haut Commissariat au Plan qui a révélé dans une étude, en février dernier, que seules 19% des femmes marocaines travaillent!… et les mentalités sont une des causes les plus évidentes d’une telle situation.En effet, là où ailleurs dans le monde elles se heurtent souvent à des obstacles juridiques, les femmes marocaines sont souvent marginalisées du monde du travail en raison des fortes contraintes d’une société patriarcale qui privilégie clairement l’homme sur le marché de travail.Pourtant la reconnaissance de l’égalité en tant que norme et en tant qu’objectif est consacrée par l’article 19 de la Constitution.Pourtant l’article 26 de la loi organique sur les partis politiques  stipule que les partis doivent œuvrer pour atteindre une proportion d’un tiers de participation des femmes dans leur organe dirigeant pour réaliser à terme la parité hommes-femmes.Pourtant le Maroc est signataire de 8 des 9 instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, dont la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), de 3 des 4 conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) consacrées à l’égalité, dont les conventions 100 et 111 relatives à l’égalité de chances, de traitement et de rémunération.Nous devons absolument démanteler les barrières qui empêchent les femmes de prendre la place qui leur revie ...Read more

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