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Les étudiants syriens dans le dédale des universités allemandes

Tout étranger souhaitant suivre des études dans une université allemande doit remplir deux conditions essentielles : avoir une « qualification d’entrée à l’université » ( Hochschulzugangsberechtigung, HZB) et un certificat d’aptitude à la langue allemande agréé par les universités. Les diplômes d’études secondaires de nombreux pays y sont reconnus et permettent d’intégrer l’enseignement universitaire (après réalisation de l’équivalence des notes avec le système allemand) sans besoin d’examens supplémentaires. Des diplômes d’études secondaires d’autres pays non reconnus comme équivalent à l’ abitur 1 nécessitent le passage par une phase préparatoire ( Studienkolleg ) assurée par des centres rattachés aux universités ou aux facultés.Pour l’aptitude en langue allemande, les universités reconnaissent en général des systèmes généraux comme le Test Deutsch als Fremdsprache (TestDaF, test allemand langue étrangère), ou le Deutsche Sprachprüfung für den Hochschulzugang (DSH, examen de langue allemande pour l’admission à l’université). Certaines universités allemandes dispensent leurs propres programmes et reconnaissent des diplômes de niveau C12 délivrés par des instituts spécialisés. Des universités spécialisées dans les arts acceptent un niveau inférieur de maîtrise de la langue allemande. La sélection des filières et des facultés souhaitées se fait à travers le service Uni-assist parmi les bancs réservés aux étudiants hors Union européenne, après examen du certificat d’études secondaires et des matières universitaires étudiées auparavant dans les cas de poursuite des études déjà entamées.L’enseignement dans les universités publiques est gratuit aussi bien pour les Allemands que pour les étrangers. Il suffit juste de s’acquitter de droits d’inscription qui varient de 100 à 360 euros par semestre. La plupart de ces droits sont en réalité récupérés de manière effective par les étudiants à travers les services et les réductions (sur les tarifs des transports par exemple) auxquelles ouvrent droit la détention d’une carte d’étudiant. Au sein de ce mode d’accès général aux universités allemandes, les étudiants syriens bénéficient — en théorie — d’une bonne position par rapport à ceux d’autres pays. Le diplôme d’études secondaires syrien est en effet admis à une équivalence immédiate si l’étudiant a obtenu une note totale supérieure à 70 % de la note maximale, le passage par une phase préparatoire n’est nécessaire que si la note se situe entre 60 et 70 %.En d’autres termes, l’accès à l’université allemande n’est guère difficile pour un Syrien matériellement à l’aise, ayant obtenu de bonnes notes dans le secondaire, pouvant satisfaire aux conditions du visa étudiant, couvrir ses besoins quotidiens et apprendre la langue. Mais cela ne correspond pas à la situation générale des Syriens en Allemagne. L’écrasante majorité d’entre eux sont des réfugiés, en état de précarité matérielle et morale, sans les réseaux de soutien et d’aide traditionnellement basés sur la famille et les amis, ceux-ci ayant été précarisés durant les dernières années. Il se retrouvent ainsi lourdement endettés et vivent des aides fournies par les structures de soutien gouvernementales.En outre, il est assez courant que les jeunes Syriennes et Syriens en âge d’aller à l’université aient vécu des situations extrêmes de détention, de déplacement forcé et de périodes longues d’instabilité avec une rupture dans leur parcours académique. À leur arrivée en Allemagne, ils sont dans un état d’épuisement matériel et moral qui rend difficile une réponse adaptée aux exigences qui peuvent paraître simples à d’autres. Ces difficultés sont telles qu’elles peuvent même rendre parfois impossible la poursuite des études.À la merci de la bureaucratieAyham (pseudonyme) a fait une cinquième année de médecine à l’université de Damas. Ses études ont été interrompues à la suite de son arrestation pour ses activités d’opposition au régime de Bachar Al-Assad. Une fois sorti de prison, il s’est installé dans les zones hors du contrôle du régime, puis en Turquie. Il est arrivé en Allemagne au début de l’année 2015 dans le cadre d’une bourse de recherche dans un établissement allemand. Une fois expirée la durée de la bourse, il a demandé l’asile en Allemagne. Ayham a attendu plus d’un an et demi avant d’obtenir le statut de réfugié, qui lui permet de s’inscrire auprès d’une agence d’emploi et d’obtenir une aide pour financer son apprentissage de la langue allemande dans le cadre d’un dispositif d’intégration des réfugiés. L’agence fournit également une aide pour le logement et un montant mensuel de subsistance. Il pourra compléter cette aide par un travail à temps partiel, plafonné à 450 euros par mois.Dans l’attente de sa carte de réfugié, Ayham a étudié la langue allemande dans un institut privé pour une dépense moyenne de 250 euros par mois, ce qui a constitué une vraie pression sur son revenu déjà bien limité et irrégulier. «   D’une manière générale, dit-il, le bureau du travail t’incite à apprendre la langue dans le cadre du programme d’intégration des réfugiés, et donc à atteindre le niveau B1 3   ; il veut que tu entres dans le marché du travail le plus rapidement possible ou que tu intègres les programmes de formation professionnelle (Ausbildung), qui sont des sortes de contrats d’apprentissage rémunérés dans des entreprises. Le préposé au bureau de travail ne t’interdit pas expressément de pousser plus loin l’apprentissage de la langue jusqu’au niveau exigé par l’université. Il est possible de négocier et de convaincre l’agence de continuer à te verser l’aide durant la période de préparation à l’examen de compétence linguistique. Mais, il a tendance, par principe, à t’inciter à intégrer rapidement le marché du travail   » .Sham Ali (pseudonyme) étudie l’information dans une des universités du nord de l’Allemagne, après des études de droit islamique à l’université de Damas. Au début, dit-elle, «   on m’a encouragé à essayer d’intégrer le marché du travail via une formation professionnelle ou un stage dans un média. Cependant mes progrès rapides en langue ont convaincu le fonctionnaire en charge de mon dossier à l’agence d’appuyer ma demande de poursuivre mon apprentissage pour atteindre le niveau exigé par l’université   ». « L’attente est la chose la plus difficile »Ayham a pu atteindre le niveau linguistique permettant l’accès à l’université en rejoignant une session de langue allemande organisée par l’université Humboldt de Berlin dans le cadre des programmes Welcome et Integra à destination des réfugiés. Ces sessions linguistiques dispensées gratuitement par la plupart des universités allemandes depuis 2015 permettent d’atteindre le niveau pour se présenter au DSH ou l’équivalent. Ayham souligne l’importance des sessions linguistiques offertes par les universités ; le niveau y est élevé et la qualité de l’enseignement bien meilleure pour ceux qui veulent poursuivre leur études au-delà des sessions d’intégration ouvertes à l’ensemble des réfugiés. Houmam est aussi de cet avis. Il a quitté la Syrie à la fin 2013. Il avait entamé auparavant des études en génie civil à l’université Tichrine-Lattaquié, avant d’arriver en Allemagne à la fin 2015 après un passage rapide par le Liban, puis Amman et une résidence en Turquie pour obtenir un visa étudiant en Allemagne. Houmam a rejoint la session linguistique offerte par l’université technique de Berlin, qu’il tente d’intégrer pour y poursuivre ses études d’ingénieur. «   L’attente est sans doute la chose la plus difficile, dit-il, vous avez devant vous des problèmes matériels et psychologiques et des décisions à prendre. Et il arrive que l’on soit contraint de tout geler en attendant d’obtenir des approbations, des confirmations et des délais   » . Et il est habituel que ces périodes d’attente signifient une rupture des aides en attendant l’inscription universitaire qui ouvre la possibilité à des prêts ou à des bourses universitaires.Iyas Odeï a fait des études de médecine en Syrie jusqu’à la sixième année. Il a décidé, après une longue parenthèse en raison de la situation dans le pays, d’entreprendre le parcours du réfugié. Arrivé en Allemagne, il cherche maintenant à s’inscrire à l’université après avoir terminé son apprentissage de la langue. Odeï partage l’avis de Houmam sur le dilemme de l’attente. «   L’attente est peut-être possible pour celui qui a des proches aisés pouvant le soutenir pendant des mois, ou bien celui qui vit avec sa famille, même si elle aussi est composée de réfugiés. L’aide fournie à trois personnes permet d’assurer de façon provisoire le séjour et la subsistance d’une quatrième et même d’une cinquième personne. Mais pour celui qui est seul, sans aide d’aucune sorte, l’usure résultant de l’attente conduit à reporter les projets d’études à une date indéterminée, voire à les abandonner totalement dans la quête de n’importe quel travail   ».  Odeï évoque également d’autres problèmes qui peuvent devenir quasi-insurmontables dans l’état de précarité où se trouvent de larges franges de la jeunesse syrienne réfugiée. «   Être admis dans une université dans une autre ville signifie des coûts de transport, de logement et d’assurance. Autant de dépenses que la plupart des jeunes Syriens ne peuvent assumer. Même s’ils obtiennent des bourses ou des prêts universitaires, les montants concernés ne sont pas versés immédiatement après l’admission à l’université. Cela peut durer des semaines, voire plus   ». En cas de confirmation de l’obtention d’une bourse universitaire, il existe une possibilité de négocier avec l’agence d’emploi et le programme de soutien aux étudiants (BaföG) pour éviter l’absence de revenu durant les périodes d’attente. En outre, plusieurs organismes et institutions fournissent des bourses et des aides pour préparer aux examens de langue, surmonter les entraves bureaucratiques et satisfaire aux exigences administratives. Mais pour obtenir ces aides, il faut être en mesure d’accéder aux informations et cela n’a rien d’une entreprise aisée comme on le verra plus loin. On reconnaît néanmoins au système allemand, en dépit de sa bureaucratie bien connue, le fait d’avoir essayé de s’adapter à la situat ...Read more

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