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Marché de gros: La recette communale sécurisée, pas le risque sanitaire

La plateforme dédiée aux mandataires était dans un état de délabrement avancé. La toiture assurait peu de protection contre la pluie et l’éclairage était également défaillant (Ph. Jarfi) Peau neuve pour le marché de gros de Casablanca. «Réfection des infrastructures, renforcement de sécurité et du contrôle de flux des marchandises  et informatisation des services de taxation», se félicite Jaafar Essabbane, directeur de la plus grande  plateforme marocaine des fruits et légumes.L’opération, menée depuis fin 2017, aura coûté 36 millions de DH, dont 30 millions supportés par la commune de Casablanca. Le reste par le  Fonds des travaux. C’est une première, puisque aucun dirham n’y a été investi depuis la mise en service du plus grand marché du pays en 1986. A tel point que l’infrastructure s’était trop dégradée et l’insécurité y régnait en maître absolu.Défaut d’éclairage, infrastructures vétustes, difficulté de circulation et surtout de gros risques d’agression pour les usagers qui manipulent de grosses sommes d’argent. «Certains clients ne s’y rendaient qu’après la levée du jour, de crainte d’être agressés», confie un commerçant. Alors que l’activité était très animée dès 3 heures 30 du matin jusqu’à 14 heures.A l’exception du vendredi, jour de fermeture. Le facteur qui a déclenché l’opération  de mise à niveau est la forte baisse de la recette communale qui est passée de 142 millions de DH en 2010 à 115 millions en 2014. «En 2018, elle a été rétablie à son niveau initial et affiche un trend haussier sur les premiers mois de l’année en cours», analyse Essabbane.Excepté cet aspect, les problèmes posés par la gestion du marché restent entiers. Ils concernent principalement les volets économique et sanitaire. Sans occulter l’accès aux agriculteurs au marché et la réduction de la pléthore des intermédiaires avec une cascade des marges bénéficiaires qui en résultent et le renchérissement des prix au grand dam du producteur et du consommateur (voir schéma).La vente sur camions a été améliorée via l’aménagement de deux quais de chargement et déchargement des marchandises  (Ph. Jarfi) Pour le moment, aucune unité de valorisation n’y a été installée. Les flux des fruits et légumes arrivent en vrac et repartent dans le même état. A l’exception des marchandises qui ont subi une transformation en dehors du marché. C’est le cas de produits importés ou refoulés à l’export.Or, une transformation est génératrice de valeur ajoutée, de création d’emplois et de recettes pour les caisses de l’Etat. Car une ouvraison même primaire (emballage et conditionnement) induit automatiquement l’application de la TVA. Dans le cas des fruits et légumes, c’est le taux de 10% qui est en vigueur. Mais encore faut-il instaurer l’obligation de la facturation.«Ici plusieurs milliards de DH sont brassés annuellement, en espèces mais pas la bribe d’une trace comptable», reconnaît le directeur du marché. Au demeurant, les sorties de marchandises ne sont pas contrôlées ni comptabilisées pour être au fait de l’approvisionnement du marché au détail ou encore évaluer les volumes stockés pour dissuader la  spéculation.De plus, le marché de gros de Casablanca est devenu une enceinte réservée aux marchands et intermédiaires. Cela fait longtemps que les agriculteurs y ont été évincés. Aujourd’hui même, les gros parmi les agriculteurs ne peuvent s’y hasarder  de crainte de laisser des plumes face aux lobbies qui ont la mainmise sur les transactions.Entre le producteur et le consommateur, le produit peut passer par 8 transactions et commissions. Du coup, le prix payé au producteur peut être multiplié par 10 fois, voire plusOr le dahir du 23 juin 1960 relatif à l’organisation communale et l’arrêté ministériel du 7 février 1962 fixant les charges des mandataires des marchés de gros sont on ne peut plus clair. Les mandataires doivent avant tout faciliter la vente  aux agriculteurs. Ce qui était courant jusqu’à la fermeture du marché de gros du quartier Belvédère, enceinte connue sous le nom de «marché crio».L’arrêté détermine notamment les conditions d'aptitude à la charge du mandataire, la procédure de nomination, la durée du mandat, le taux de la taxe autorisée, les modalités de rémunération, les règles applicables à l'exploitation du marché de gros et au contrôle administratif ainsi que les sanctions administratives. Au nombre de 40, deux par carreaux, ces mandataires sont rémunérés à raison de 1 point sur 7 points de pourcentage de la taxe prélevée. C’est dire l’importance de la rente.Plus grave encore, l’absence inexpliquée de l’Office national de sécurité des produits alimentaires (Onssa). Aucun prélèvement d’échantillons pour analyses des produits proposés à la vente n’est effectué. Le consommateur final n’est donc pas à l’abri des  résidus chimiques. Pourtant, il est de notoriété publique que certains agriculteurs orientés exclusivement marché local traiten ...Read more

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